ELINKINE/LES ELEVES DANS UNE PIROGUE EN VOIE DE CHAVIREMENT

Situé à l’extrême Ouest de la commune de Mlomp, département d’Oussouye, le village d’Elinkine regorge d’énormes potentiels économiques, de la pêche à la transformation de poissons. Des activités avec lesquelles on peut facilement se faire de l’argent, qui sont à la fois incompatibles avec la quête du savoir et qui poussent la plupart des apprenants de la zone à quitter très tôt l’école au profit de l’argent.

Reportage

La mer, principale cause de la chute du niveau des apprenants à Elinkine.

« Le niveau des élèves comme tout le monde peut le constater chute de plus en plus. Si nous prenons le cas de notre localité qui est Elinkine, je peux dire qu’il y a un désintéressement total des élèves par rapport aux études. Ceci s’explique du fait qu’Elinkine est une zone cosmopolite du fait de la rencontre de toutes les ethnies et de tous les peuples véritablement attirés par la mer. De ce fait c’est ce domaine qui récupère pas mal d’enfants et qui les éloigne des études. L’attraction que la mer exerce sur ces enfants en est une cause palpable de la chute du niveau des élèves », explique Mr.Niane, professeur de Lettres-Anglais au CEM Elinkine.

L’irresponsabilité parentale dans cette presqu’île cosmopolite.

Une presqu’île où l’argent demeure au sommet de toutes les préoccupations quotidiennes. Des responsables de familles qui ne se soucient guère de la gestion des enfants au quotidien. L’unique quai de pêche devient le point de convergence d’hommes, de femmes et d’enfants aux premières heures de la matinée. Un constat fait par tout le monde ainsi que les enseignants de ce milieu : « Ensuite il y a aussi l’irresponsabilité parentale notée dans certaines familles ici à Elinkine.Les enfants sont laissés à eux-mêmes, il y a aucun suivi à la maison. On dirait qu’ils sont envoyés à l’école rien que pour y rester et observer les cours de 08 H à 12 h mais en réalité, les parents ne savent pas ce que font ces derniers à l’école », insiste Mr. Niane dans sa narration.

Une tâche lourde pour les parents.

« Ce n’est pas une tâche facile pour les parents, elle est lourde parce que c’est très difficile de cerner les enfants à, plus forte raison qu’il s’agit d’Elinkine.Il y a ce qu’on appelle l’éducation de la rue. Si l’enfant n’est pas bien cerné il risque de dérailler. A Elinkine, les parents sont très occupés par leur « business » maritime.si vous allez dans les maisons, elles sont vides. Il n’y a personne qui peut les guider. De ce fait si l’enfant n’est pas suivi, il risque d’être récupéré par l’éducation de la rue. En tout cas les enseignants, les autorités, les parents… ont du pain sur la planche en ce qui concerne l’éducation dans cette zone », se désole encore ce professeur de Lettres-Anglais en service dans cette zone de pêche.

Des apprenants sans aucun engouement.

« L’élève d’aujourd’hui est totalement distant de celui d’hier. Auparavant les élèves étaient motivés, animés d’un esprit de compétition. Quand nous remettons les notes après une évaluation, l’élève d’aujourd’hui ne sent aucun gène. Il s’en fout de cette médiocrité. Il s’en fout de la note. Ce qui est franchement déplorable », relate avec un cœur brisé, ce jeune professeur. Un phénomène qui devient général de nos jours avec le manque de respect à l’égard des enseignants « Ce phénomène est général. Il y a le cas de Cabrousse, de Diémbéring et beaucoup d’autres localités au Sénégal où les enseignants ont été tabassés par leurs élèves. Ce qui laisse les autorités et les parents indifférents du fait que l’enseignant est considéré comme quelqu’un tombé du ciel. Même un enfant de rien du tout peut s’attaquer à un enseignant vu qu’il n’est rien aux yeux de la population. Ce qui peut aussi contribuer à la chute des résultats scolaires », s’inquiète ce jeune professeur désespéré.

Si aujourd’hui la mer est l’une des ressources naturelles qui procure du bonheur pour le bien être de l’homme, n’est-il pas temps que les parents veillent au grain dans cette petite contrée riche du Kassa pour mettre une barrière pouvant empêcher l’accès des apprenants à l’eau au profit de l’école qui est un porte bonheur pérenne pour un avenir meilleur et radieux.

Par Moro Junior Dahaba.








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