Le Kankourang/ A la Fois Un Rituel et Masque A Revaloriser dans le Milieu Mandingue Traditionnel.

Le Kankourang est à la fois un rituel et masque qui désigne plusieurs sens dans le milieu mandingue traditionnel. Un rituel qui autrefois était accompagné seulement de sages .Des vieillards dont l’âge se situait entre la cinquantaine et la soixantaine.

Aujourd’hui, le kankourang semble perdre sa valeur dans le milieu traditionnel. Un masque connu dans le sud du Sénégal en Casamance et aussi la partie Orientale, la région de Tambacounda.

Le Kankourang autrefois sortait pour des raisons justifiées à savoir lors des circoncisions ou lorsqu’un mal frappe une localité. Sa sortie est souvent annoncée avant son irruption. C’est le temps du célèbre Daouda Sané alias « Koulobouté » des années soixante dix. Sa sortie était marquée par un silence total, des rues désertes, des maisons sous un silence total comme celui d’un cimetière. C’était alors pour chasser les mauvais esprits s’agissant d’un malheur qui sévissait dans une localité quelconque ou soit pour protéger les initiés qui sont souvent des couches vulnérables face à des mauvais esprits selon la société.

Si tel était le cas autrefois, de nos jours le Kankourang n’est plus l’ange gardien de la société contre ces mauvais esprits. Un masque qui pour la plupart sort pour des raisons de plaisirs certes même si dans certaines localités il fait son irruption en période de circoncision ou l’annonce d’esprits mal intentionnés. Son apparition est souvent répétitive, accompagnée par des mineurs, des adolescents qui souvent profitent de l’occasion pour régler des comptes.

Le vrai Kankourang de jadis était celui qui circulait tout seul en plein soleil ou parfois accompagné de vieillards. C’est le fameux fambondi ,un kankourang qui circulait de façon rapide ou parfois survolait comme un oiseau ,produisait du feu .Personne n’oser le suivre, ni sortir pour vaquer à ses occupations. Par contre aujourd’hui le Kankourang est celui qui parle avec mêmes ses accompagnants en pleine rue ,se mêle dans la dans la danse avec des femmes ou parfois même subit une petite réparation de ses parties de son masque endommagées en plein public.

A qui la faute si aujourd’hui ce masque perd sa valeur ? Quelles stratégies devrons-nous adopter dans notre milieu traditionnel pour faire revenir cette valeur très riche et symbolique que nous avons perdue pour une société traditionnelle de modèle.

Moro Junior Dahaba



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