Le puits un patrimoine inestimable en abandon dans les villes

Dans la plus part des villes sénégalaises, rares sont les maisons qui conservent de nos jours cet héritage familial, le puits, plus naturel que le robinet. Il est cependant en voie de disparition au grand regret de nos défunts ancêtres ensevelis tout comme leur lègue

Vieux comme la sédentarisation, les puits ont été l'imagination intelligente de l'homme pour mieux l'aider à quitter définitivement l'état nomade. La preuve en est que la plus part des puits visités ont été creusés par l'arrière-grand-père de nos interlocuteurs "ce puits existe bien avant ma naissance. Mon père m'a expliqué que lui aussi n'a pas assisté au moment où on le creusait " explique Kisma Diop, un habitant de Boucotte Ouest, dans la commune de Ziguinchor Sénégal qui tarissait le sien.

En plus de l'Union sacré que les femmes ont autour de lui quand elles se rencontrent à la recherche du liquide précieux, il offre une proximité inuit à la population à tous les temps. En effet, elles discutent de leurs problèmes ménagers et se confient plus souvent autour des margelles des puits ou en cour de route. "On a une fois réalisé un projet de construction de puits dans un village et quelques mois plus tard lors de l'évaluation de l'impact du projet sur les habitants, on s'est rendu compte que ces braves continuaient à faire des kilomètres pour se procurer de l’eau. Après investigation sur le pourquoi, elles nous ont avoué qu'elles préfèrent parcourir les distances pour échanger sur leurs souffrances " se confie Ismaila Diatta, coordonnateur de projet à la CRS (Catholique Relief Service). « c’était un échec du projet », regrette Mr. DIATTA

Autre valeur incontestable du puits, c’est son indépendance à aucun facteur comme l’électricité pour le robinet aujourd’hui. Les cas de coupures notées ces derniers temps dans la commune affectent momentanément le robinet, provoquant la ronde des gorges asséchées. « Tous ces temps-ci, je suis le sauveur du quartier tout le monde vient chercher de l’eau chez moi » se glorifie BABOUCAR CISSOKO, un autre habitant du même quartier.


Mais aujourd’hui, avec la modernisation du monde et l’apparition de nouvelles maladies, ce patrimoine historique est négligé au profit d’eau plus raffinée et qui contient de produits chimiques .Lors de constructions d’infrastructures modernes, les hommes ont tendance à enterrer ces patrimoines qui sont source de vie et de santé.

A Dakar, la panne du KMS2 (KeurMomarSarr) avait plongé une partie de la population de la capitale sénégalaise dans la soif. « Il faut se lever a 4 heures du matin pour puiser de l’eau et elle vient à petite goutte »témoignent les habitants de la banlieue. Cette patience est plus pénible que tirer un seau d’eau même dans un puits de 40 mètres.

De tout le modernisme et le confort que l’on trouve sur le robinet à la négligence des puits, l’indépendance tant est remis en cause car dépendant entièrement d’un facteur que nos jeunes pays ne maitrisent pas : l’électricité. On n’observe jamais de coupure dans un puits ni de manipulation chimique. Au contraire dans la société traditionnelle Africaine, un puits dans une maison permet aux défunts et aux éléments surnaturels de s’approvisionner.

LAMINE DIATTA



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